Aussi, le statut de victime arboré par un groupe peut engendrer des effets négatifs dans les relations intergroupes car il favorise la mise en place de barrière psychologique[22]. D'un autre côté, il affirme qu'il faut considérer « le groupe en lui-même comme ayant la capacité de se souvenir » (Halbwachs, 1992, p.54)[2] ; il s'agit donc d'une approche plus radicalement collectiviste dans laquelle la mémoire collective d'un groupe n'est pas réductible à la mémoire de ses membres (voir le fait social au sens de Durkheim). …pour nos abonnés, l’article se compose de 4 pages. Surtout dans le cas où l’agression a été perpétrée au sein d’un même territoire sur un des groupes minoritaires constitutifs de l’identité supra-ordonnée, la victimisation peut entraver le processus de réconciliation. la mémoire traumatique est en fait une réflexion critique sur la mémoire collective et plus précisément familiale, fortement marquée, voire « traumatisée », par le meurtre du seigneur Achille Taché. UNE POÉTIQUE DU SURGISSEMENT Si Kamouraska est, pour reprendre l’expression d’André Brochu, un « roman de la remémoration8il l’est doublement, aussi bien sur le plan de l’histoire racontée que », sur … Comme le soulignent Licata, Klein et Gély[22] « le rapport à la mémoire n’est bien sûr pas le même si l’on se considère comme victime de l’exogroupe ou comme son agresseur » (p. 572). L’idée selon laquelle la peste serait d’origine hérétique a poussé la mise en pratique de processions afin de brûler les hérétiques et les lépreux accusés de propager la maladie et de persécuter les juifs suspectés d’empoisonner les puits. Il poursuivit sa réflexion en dé Ainsi, la comparaison de son groupe par rapport à un autre permettrait de maintenir ou d’augmenter l’image positive du groupe afin de maintenir ou d’augmenter l'estime de soi collective. La mémoire collective peut se bâtir également sur ce que certains auteurs nomment des omissions sélectives[10].  : […] Cette idée suppose donc que le groupe développe une certaine représentation de son histoire. Ce qu'une nation choisit de « mémorialiser » ou non est un des indicateurs de ce que l'on appelle communément la mémoire collective. Comme développé plus haut, la mémoire collective jouerait un rôle prédominant dans la définition identitaire d’un groupe par le biais de la narration et du partage de leur histoire mais également dans la justification d’actions passés, présentes et futures du groupe. Ces auteurs parlent d’une fonction narrative de la mémoire collective permettant de façonner l’identité d’un groupe, comme celle d’une nation, dont l’histoire réelle ou mythologique a permis de bâtir son identité au fil du temps. … À travers une étude longitudinale effectuée juste après les attentats de Madrid, ils montrent que les individus qui participent à des rituels soit directement, comme à une manifestation, ou indirectement par l'intermédiaire des médias de masse, ont des souvenirs plus précis de l'événement traumatisant deux mois plus tard. Pierre Nora, « La mémoire collective », in, International Journal of Politics, Culture, and Society, Journal of Experimental Psychology: Human Perception and Performance, Henri Tajfel et John Turner, "The Social Identity Theory of Intergroup Behavior", in S. Worchel & W.G. Travailler sur la mémoire collective c’était, pour lui, écrire, contre l’histoire des historiens, une histoire locale et matérielle, urbaine, à hauteur des groupes. « La construction d'une mémoire historique à la Martinique ». Par ailleurs, le rôle pris par les participants au cours de la conversation détermine quel contenu sera partagé par les mémoires individuelles[13]. En ce sens, la mémoire individuelle est considérée comme une conséquence de la mémoire collective et se définit même comme une sorte de mémoire collective par défaut1. Par la mise en exergue d’un événement passé significatif, un groupe peut ainsi légitimer ses pratiques passées, présentes et futures[22]. TOP 10 des citations memoire collective (de célébrités, de films ou d'internautes) et proverbes memoire collective classés par auteur, thématique, nationalité et par culture. Comme la mémoire collective le suggère, tout groupe est assujetti à une histoire qu’il considère comme étant représentative de sa construction identitaire. Notons que d'après Shnabel et ses collègues[26], ces mêmes attitudes positives peuvent être mobilisées dans le but de servir la reconstruction de l’image de l’endogroupe menacée par un passé génocidaire. Elle a ainsi pu établir une proximité entre chacune des images. Voir. Halbwachs propose également de distinguer l'histoire de la mémoire collective. De ce point de vue, les individus impliqués dans cette activité co-construisent leurs souvenirs et peuvent s’opposer à la version des événements rapportée par d’autres. Cet ancien premier ministre belge fut kidnappé en 1989 et maintenu en captivité pendant un mois, puis libéré en échange d'une rançon. Cette importance des émotions dans la formation de la mémoire collective est illustrée dans le phénomène des mémoires flash (flashbulb memories) qui fait référence aux souvenirs très précis des circonstances personnelles dans lesquelles nous étions lorsque nous avons appris un événement choquant, en plus des détails de l'événement en question[Notes 2]. « Mémoire collective et sociologie du bricolage ». On commence toutefois à s'en représenter l'importance grâce à la publication de textes […] La mémoire collective peut compléter la mémoire individuelle car notre mémoire s'introduit dans un mouvement collectif large. Comme le souligne Bartlett[2], l’histoire du groupe est continuellement remaniée, remodelée, reconstruite par ses membres afin de satisfaire au mieux leurs intérêts actuels. En effet, il est nécessaire de s’intéresser à la manière dont la mémoire individuelle interagit avec l’environnement extérieur : lorsqu’il se rappelle, l’individu ne se limite pas à récupérer une information préalablement stockée mais construit un souvenir en utilisant des indices présents dans l’environnement. Bref, bien que la mémoire collective s'incarne dans un processus de patrimonialisation, sa mise en application demeure incertaine et est le lieu de luttes de pouvoir. Dans ses premiers travaux, comme dans ses articles ultérieurs, Halbwachs multiplie les études de cas – la famille, les classes sociales, les catégories professionnelles, les institutions – pour démontrer que c'est au sein de ces groupes qu'une mémoire est produite et partagée par leurs membres. Lire la suite, Dans le chapitre « L'enjeu algérien » interpares.ca. Dans leur méta-analyse, Vollhardt et Bilewicz[26] reviennent sur les conséquences psychologiques d’un génocide parmi les membres d’un groupe coupable. interpares.ca. À titre d’exemple, la déflation faisant suite à la crise économique de 1929 et l’accession au pouvoir en 1928 du socialiste Herman Müller en Allemagne précipita l’Allemagne et l’Autriche dans une crise politique et économique sans précédent qui favorisa la mobilisation en faveur du NSDAP, lui permettant de passer du statut de parti marginal à l’un des partis les plus importants d’Allemagne, avant même la première candidature d’Adolf Hitler en février 1932. S'il n'existe pas de consensus quant à la manière de la définir, l'expression « mémoire collective » consiste (au moins métaphoriquement[1]) à attribuer une faculté psychologique individuelle — c'est-à-dire la mémoire — à un groupe, comme une famille ou une nation[2]. Mais en reconstruisant le souvenir pour former une mémoire col… 28-31 octobre 2007, Polémique après la réhabilitation des mutins de 1917 par Lionel Jospin. Inscrivez-vous à notre newsletter hebdomadaire et recevez en cadeau un ebook au choix ! Il peut sagir, par exemple, de lexpérience dun groupe restreint que ce soit une famille, une classe décole ou une association professionnelle. La position de victime renvoie davantage, et de prime abord, au poids de l’histoire sur l’état actuel du groupe, bien que cette position peut être préférée a posteriori pour ses bénéfices en termes de négociation de reconnaissance et/ou de réparation de la part de l’exogroupe agresseur. Laurent Licata, Olivier Klein et Raphaël Gély, Mémoire des conflits, conflits de mémoires: une approche psychosociale et philosophique du rôle de la mémoire collective dans les processus de réconciliation intergroupe. 02 Deuxième partie : Violence et politique dans la marche vers l'indépendance. L’histoire est susceptible d’être partagée et transmise. Et ce, car la perception de continuité au cours de son histoire est centrale pour le maintien de sa légitimité. Du fait du bouche-à-oreille de la mémoire collective, chaque génération qui se la partage polarise l’histoire initiale en l’adaptant aux prétentions du présent. La société opère une reconstruction du souvenir (produit brut) pour former une mémoire collective (produit fini). La mémoire collective fait référence aux représentations qu'un groupe partage de son passé. L'homme traverse le temps sans réaliser de son point de vue que la société … (Un fichier de 105 pages de 540 K) Une édition électronique … A Caen par exemple, siège le Mémorial, grand musée sur le débarquement de la Seconde Guerre mondial. Ils montrent que les descendants des agresseurs tendent à exonérer leurs ancêtres responsables ou complice en mobilisation des raisons situationnelles ou encore en blâmant les victimes de leurs sorts. « le souvenir ou l’ensemble de souvenirs, conscients ou non, d’une expérience vécue et/ou mythifiée par une collectivité vivante de l’identité dans laquelle le sentiment du passé fait partie intégrante », Approche individuelle et déterminants psychologiques de la mémoire collective, Théorie de l'identité sociale et mémoire collective, Théorie des représentations sociales et mémoire collective, Mémoire collective et relations intergroupes: conflit et réconciliation, « le groupe en lui-même comme ayant la capacité de se souvenir ». Puis, sur la base des mots contenus dans ces légendes, l’équipe a défini le degré de relation entre les photos et les différentes thématiques de la mémoire collective. Les Québécois sont très complexes comme peuple. Selon Imhoff, Bilewicz et Erb[29], il existe une différence entre le sentiment de regret collectif et le sentiment de culpabilité collectif après une histoire commune de conflit entre deux groupes. Il considère que l'étude de la mémoire, plutôt que de relever de la compréhension des propriétés subjectives de l'esprit (point de vue subjectiviste), nécessite de s'intéresser à la manière dont le contexte social et le groupe d'appartenance structurent la mémorisation et la remémoration des événements par les individus. Selon Sibley, Liu, Duckitt et Khan[27], l’histoire d’un pays sert à satisfaire une fonction symbolique primordiale à son existence et permet également de s’assurer le soutien de ses membres lors de prises de décisions et/ou le choix de ses politiques publiques. Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre. Les statuts des deux protagonistes à la fin du conflit – selon qu’ils se considèrent comme victime ou coupable – pourront alors être des facteurs importants dans la volonté ou non d’engager des démarches de réconciliation. Coman et ses collègues[13] attribuent également un rôle important aux conversations dans la formation de la mémoire collective, considérant celles-ci comme des artefacts sociaux au cours desquels des versions au départ différentes d’événements passés peuvent être amenées à converger. Par exemple, la Seconde Guerre mondiale (1939/1945) a été légitimée par l’absurdité du Traité de Versailles, perçu comme une extrême humiliation par le NSDAP (Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei) en Allemagne. « La mémoire collective, c’est l’ensemble des représentations sociales du passé dans une société donnée, énonce Denis Peschanski, historien spécialiste de la Seconde Guerre mondiale et directeur de recherche au CNRS1. Klein[14] suggère également qu’il est nécessaire de rendre compte des processus cognitifs impliqués dans la formation de la mémoire collective. Elle a ainsi longtemps maintenu la différence entre la diversité des « mémoires collectives » (les récits mémoriels, partiels, orientés, pluriels et subjectifs) et le discours histo […] Lapierre[9] précise ce point en rapportant un exemple : les peuples autochtones à travers le monde ont fait front commun et ont obtenu une reconnaissance de leurs droits ancestraux en 2007 de la part de l'ONU. Selon Reicher & Hopkins[22], la mise en évidence d’un événement historique propre au groupe peut également fournir des raisons suffisante à la mobilisation de l’ensemble (ou de la majorité) des membres du groupe concerné. La mémoire est, quant à elle, une reproduction d’une partie du passé dont l’objectif n’est pas la connaissance critique des événements, mais le renforcement d’une identité collective. Roland Imhoff, Michal Bilewicz et H.-P. Erb, Collective regret versus collective guilt: Différent emotional reactions to historical atrocities: Collective regret versus collective guilt. Dans les deux cas, les descendants possèdent un sentiment de continuités historiques. Introduction de J.-Michel ALEXANDRE. Dans la hiérarchie des sources, le texte de caractère public passe avant le témoignage vécu rapporté par écrit, qui passe lui-même avant le témoignage de la mémoire transmise. 4  La seconde perspective adoptée par Halbwachs, celle des cheminements mémoriels des individus, confirme la première. Lors d’attentat par exemple, certaines victimes ne savent pas du tout ce qu’il s’est passé. Comme la mémoire collective le suggère, tout groupe est assujetti à une histoire qu’il considère comme étant représentative de sa construction identitaire. Johanna Ray Vollhardt et Michal Bilewicz, After the genocide: Psychological perspectives on victim, bystander, and perpetrator groups. En effet, Bartlett rejette l’idée selon laquelle l’acte de se souvenir se réduit à la réactivation de traces mnésiques préalablement stockées en mémoire. Concernant le premier cas de figure, les auteurs montrent que la situation de souvenir collectif conduit à un consensus plus important dans les souvenirs individuels. Episode de la Web Série de l'Observatoire B2V des Mémoires Voir(onglet actif) Modifier Log La mémoire collective est la mémoire d’une communauté ou d’un peuple. Retrouvez + de 100 000 citations avec les meilleures phrases memoire collective, les plus grandes maximes memoire collective, les plus belles pensées memoire collective provenant d'extraits de livres, magazines, discours ou d'interviews, … Until … D'un côté, si Halbwachs s'intéresse à la manière dont le groupe influence la mémoire de l'individu, il affirme que ce sont toujours les individus qui se rappellent : c'est donc en dernière analyse dans l'esprit des membres du groupe que se situe la mémoire collective. Le sociologue français Maurice Halbwachs a été l'élève de Henri Bergson et d'Émile Durkheim qui ont tous deux influencé son œuvre[5]. (1950) La table des matières du livre; Préface de Jean Duvignaud. La leçon que l’on tire de tout cela « est que la mémoire historique collective, telle qu’elle est comprise et déployée par les communautés, par les peuples et les nations […] a bien trop souvent conduit à la guerre plutôt qu’à la paix, à la rancœur et au ressentiment (qui semblent de plus en plus devoir être les émotions déterminantes de notre temps) plutôt qu’à la réconciliation, et à la volonté déterminée de se venger … 00 % Lu. Maurice Halbwachs (1877-1945) est mort en déportation sans pouvoir assurer lui-même l'édition de La Mémoire collective .Aujourd'hui, cinquante ans après sa parution posthume non conforme au voeu de l'auteur, Gérard Namer, professeur de sociologie à Paris-VII, propose la première édition critique, fidèle au manuscrit autographe, de ce texte désormais devenu un classique.Dépassant la simple nécessité … Par exemple, chaque famille, à partir de la vie et des pratiques communes, forme une mémoire qui tient, pour une part, aux formes générales de la famille dans une culture donnée, et, pour une autre part, aux spécificités des rapports entre les participants. Concernant le deuxième point, plusieurs travaux montrent que le rappel d'événements passés peut conduire à des oublis sélectifs chez l’audience du récit[16] : après la conversation, les éléments mentionnés par le narrateur seront plus facilement rappelés par l’audience alors que le rappel des éléments omis par le narrateur sera inhibé[16]. Toutefois, celle-ci n'a pas toujours existé historiquement, ni dans toutes les cultures. Bien que Bartlett ait critiqué Halbwachs, l’accusant de « réifier la mémoire collective en une âme quasi-mythique ayant son existence propre » (Douglas, 1980 ; p. 16-17)[1], il considère que la mémoire est un phénomène intrinsèquement social, au sens où elle est influencée par le contexte social. Dans une publication plus récente, Lapierre poursuit en disant que «[d]es mouvements luttent pour obtenir la reconnaissance, voire la réparation, des crimes du passé, notamment ceux de la traite transatlantique et de l’esclavage »[9], et s’imposent dans ces situations de culpabilité. Plus spécifiquement, Brown, Coman et Hirst[13] ont observé que les participants adoptant un rôle de narrateur et, dans une moindre mesure, ceux disposant d’une expertise, exercent l’influence la plus importante sur le contenu des souvenirs qui seront partagés par les individus après le rappel collectif. L’ancrage renvoie directement à l’intégration de nouvelles connaissances dans des cadres épistémologiques préexistants. Élargissez votre recherche dans Universalis. Cette mémoire familiale conserve le souvenir des rapports de parenté, des identités personnelles et des événements qui ont marqué l'histoire du groupe. Le territoire de l'historien, à la fin de notre xx e  siècle, s'est sérieusement brouillé. […] mainc.info. Certes, il n'est pas facile de définir l'oralité, d'autant plus que cet aspect a peu retenu l'attention des anthropologues. Voir. Afin de maintenir une histoire positive et cohérente dans sa continuité, un groupe serait ainsi prêt à nier l’existence de son agression ou à refuser la reconnaissance de celle-ci en faveur du groupe agressé (cf. Selon Olick[4], il existe dans l'œuvre de Halbwachs deux conceptions distinctes de la mémoire collective qu'il n'a pas intégrées et articulées en un paradigme cohérent. Lire la suite, Dans le chapitre « Mémoire et récit » Ils s’intéressent en particulier à deux processus par lesquels les mémoires individuelles peuvent converger au cours d’une situation de rappel collectif dans une conversation : le premier est le cas où un individu implante de nouveaux souvenirs ou modifie des souvenirs préexistants chez les autres, et le second est celui où la situation de rappel collectif conduit à l’oubli collectif de certains éléments. Maurice Halbwachs – Éditions de la Sorbonne. Ce genre d’artefacts sociaux peut ainsi façonner la mémoire d’un grand nombre d’individus et former une mémoire collective[13]. C’est une construction, une vision du passé toujours filtrée par le présent [4]. La mémoire collective fait référence aux représentations qu'un groupe partage de son passé. La mémoire collective est la représentation sélective du passé qui permet la construction de l’identité du groupe. Lire la suite, En 1992, l'historien spécialiste de la colonisation Daniel Rivet affirmait que « le passé colonial s'est suffisamment éloigné pour que nous établissions enfin avec lui un rapport débarrassé du complexe d'arrogance ou du réflexe de culpabilité ». La mémoire collective aurait également une fonction de justification des actes passés, présents et futures posés par le groupe. Ainsi, ils avancent que la mémoire collective jouerait un rôle prédominant dans la construction de la définition de l’identité d’un groupe ainsi que dans sa valorisation. L'idée que le groupe a lui-même une mémoire peut être prise au sens littéral ou métaphorique. Austin (eds). Ce concept fait l'objet de travaux dans de nombreuses disciplines, notamment la sociologie, l'histoire, la philosophie, l'anthropologie et la psychologie. Le sentiment de regret tient sa source du sentiment d’empathie aux victimes. Le partage et la transmission entre les membres du groupe de l’ensemble de ces représentations procurerait ainsi un sentiment de cohésion à l’ensemble des membres du groupe. Idées & Savoirs. Retour mémoriel sur la guerre civile. La mémoire publique est conservée dans des mémoriaux depuis le mémorial de l'Holocauste récemment inauguré et réalisé à Berlin (10 mai 2005) au Mémorial des vétérans de la guerre du Viêt Nam à Washington.Ce qu'une nation choisit de "mémorialiser" ou non est un des indicateurs de … Citant Olick[4], ils admettent que la mémoire collective ne peut pas être réduite à un ensemble de « mémoires individuelles partagées » mais ajoutent cependant qu’on ne peut limiter l’étude de la mémoire collective au niveau collectif, à travers les symboles publics maintenus par la société. La mémoire collective relative à ce projet [...] est relativement pauvre. Les travaux sur la mémoire collective, ont été lancés par Maurice Halbwachs avec son ouvrage Les cadres sociaux de la mémoire, publié en 1925. La plus connue reste l’idée selon laquelle il s’agissait d’une punition divine à l’égard de la race humaine, plus particulièrement à l’égard de ceux dont la façon de vivre était jugée malsaine et non pieuse. Lire la suite, Dans le chapitre « Civilisation de l'oralité » Halbwachs s'est également intéressé à la mémoire collective en tant que représentations collectives au sens de Durkheim, à travers les symboles publics d'une société ou d'un groupe tels que les rituels commémoratifs. Il peut s'agir de choix idéologiques pris à une époque, ainsi que de crimes de guerre ou d'exactions de ses forces militaires (collaboration avec un ennemi, oppression de minorités, recours à la violence politique, nettoyages ethniques, massacres, génocides, etc.). Toutefois, la construction narrative faite a posteriori peu également faire l’objet d’une sélection mettant uniquement en avant les éléments négatifs de l’histoire d’un exogroupe (cf. 2  Oser le débat pour la mémoire collective Déloger une statue est un acte symbolique et puissant. Selon lui, l'histoire est « une mémoire morte »[6] qui n'a plus d'impact direct sur l'identité du groupe alors que la mémoire collective influence l'identité actuelle du groupe et constitue ainsi un enjeu identitaire pour celui-ci[4],[6]. Milan Kundera Entretien : "Le Massacre de la culture tchèque" ("Le Monde des livres" du 19 janvier 1979) D'après Vollhardt et Bilewicz[26], sans réconciliation, le groupe victime peut choisir des actions violentes de représailles au lieu d’une solution pacifique au conflit actuel. © 2020 Encyclopædia Universalis France.Tous droits de propriété industrielle et intellectuelle réservés. La Mémoire collective . Selon Rothberg[25], la mémoire collective d’un groupe liée à un passé de victime peut s’articuler de plusieurs manières différentes parmi les membres d’un même groupe. Sur ce point, un « cadre référentiel » s'est érigé autour de la mémoire de la Shoah, pour reprendre une expression de Nicole Lapierre[30]. La mémoire collective – Maurice Halbwachs – Google Books. Rothberg mobilise le terme de mémoire multidirectionnelle (multidirectional memory). À partir de 1991-1992, l'Algérie s'est trouvé […] Aujourd'hui, cinquante ans après sa parution posthume non conforme au voeu de l'auteur, Gérard Namer, professeur de sociologie à Paris-VII, propose la première édition critique, fidèle au manuscrit autographe, de ce texte désormais … Dans le cas le plus extrême, un individu membre d’un groupe ayant un statut de victime peut également nier jusqu’à l’existence même d’une agression à l’égard d’un autre groupe ou nier les caractéristiques de cette agression (p.ex. «  MÉMOIRE COLLECTIVE  » est également traité dans : L'élégante collection Quarto des éditions Gallimard accueillait en 1997 Les Lieux de mémoire, en trois volumes et plus de 4 700 pages : l'ouvrage dirigé par Pierre Nora, initialement publié dans la Bibliothèque illustrée des histoires, chez le même éditeur, conserve sa dimension monumentale. Les auteurs illustrent ce processus de partage social des émotions avec le cas de Paul Vanden Boeynants. De ce point de vue, la mémoire d'un groupe est constituée « d'imagos » qui ne se situent pas dans l'esprit des individus mais leur sont rappelés de l'extérieur : le groupe social permet aux individus de reconstruire ces souvenirs par des récits et des symboles véhiculés par des artefacts sociaux[4]. Quand les grands-parents nous parlent des guerres passées, ils nous parlent des événements dont ils se souviennent le plus, qui leur ont fait le plus impression. Corporate memory about the project is weak. Cela peut se faire d’une manière explicite par la comparaison des souffrances endurées par leur groupe par rapport à celles endurées par l’exogroupe (victimisation concurrentielle – competitive victimhood[2],[25]. Halbwachs' most important contribution to the field of sociology came in his book La Mémoire collective, 1950 ("The Collective Memory"), in which he advanced the thesis that a society can have a collective memory and that this memory is dependent upon the "cadre" or framework within which a group is situated in a society. Au filtre de cette mémoire ne sont retenus que les événements perçus comme structurants dans la construction de notre identité collective. Voir. Selon lui, l'acte de se rappeler constitue un processus de reconstruction au cours duquel le contexte interagit avec des « schémas » (schemata) issus de notre expérience individuelle et de notre appartenance culturelle[2]. Lire la suite, La mémoire collective est un ensemble de représentations partagées du passé, basées sur une identité commune aux membres d’un groupe.  : […] Maori en Nouvelle-Zélande[28]). Cette méfiance, qui a duré jusqu'aux années 1960, n'était que l'une des formes de la dépréciation générale de la valeur intellectuelle […] 00 % Lu. Bronach Kane, Social Représentations of Memory and Gender in Later Medieval England. Dans le premier, la notion de mémoire collective renvoie à l'idée que la mémoire individuelle est systématiquement influencée par les cadres sociaux dans lesquels elle s'insère. Le 31, le Parlement espagnol […] Lire la suite, d'égale que la dureté des combats, réintègrent aujourd'hui, pleinement, notre mémoire collective », déclare-t-il. » Schuman et Rodgers ont comparé la mention d’événements historiques marquants chez des participants américains en 1985, 2000 et après le 11 septembre 2011. Selon Licata, Klein et Gély[22], la mémoire collective satisferait certaines fonctions liées à l’identité sociale d’un groupe donné. La dernière modification de cette page a été faite le 11 décembre 2020 à 16:18.  : […]  : […] La mémoire collective est, selon Pierre Nora, « le souvenir ou l’ensemble de souvenirs, conscients ou non, d’une expérience vécue et/ou mythifiée par une collectivité vivante de l’identité dans laquelle le sentiment du passé fait partie intégrante »[3]. Si les membres du groupe croient partager une essence commune avec leurs ancêtres coupables, ceux-ci se sentiront contraint à la réparation. La mémoire collective d'une nation est, entre autres, représentée dans des mémoriaux. 3  Parmi les centaines de soldats qui furent condamnés à mort pour avoir refusé de combattre, après l'hécatombe d'avril 1917, quarante-neuf furent exécutés. « Animisme et fétichisme des noirs de Bahia ». Le conte, on l'a vu, naît toujours de la rencontre de deux imaginaires. Ou encore, le 11 septembre et la détention d’arme de destruction massive a été mainte fois pris comme raison suffisante pour légitimer la guerre d’Irak (2003/2011) par les politiques américaines faisant fonction à l’époque. Il encourageait ainsi les historiens à interroger la distance temporelle entre le « moment colonial » et la période contemporaine, et à assurer une « tra […] Cette idée suppose donc que le groupe développe une certaine représentation de son histoire dans la mesure où celle-ci est source de valorisation. Des archives privées pour enrichir la mémoire collective ? Cette réédition lui permet de toucher un pl […] L’identité sociale renvoie à la partie de notre image de soi qui fait référence à notre appartenance à un groupe ou une catégorie sociale particulière. | Bibliothèque Franklin D. Roosevelt via Wikimedia . Près de cinquante ans après son accession à l'indépendance, dans le passage au xxi e  siècle, l'Algérie se trouve à la croisée des chemins. Lorsque deux … La première suppose que les membres du groupe considèrent leur histoire de victime comme étant similaire à celle vécue par d’autres groupes. « MÉMOIRE COLLECTIVE », Encyclopædia Universalis [en ligne], Dans cette même perspective, Halbwachs affirme que la mémoire individuelle d’une expérience sociale ne suffit pas à elle seule à entretenir la mémoire collective. D’après Moscovici, les représentations sociales se forment et se maintiennent par le biais de deux processus : l’objectivation (« objectification ») et l’ancrage (« anchoring »). Elle est dans un devenir permanent : elle ne cesse de s'enrichir de faits nouveaux de même qu'elle s'affaiblit à la mesure de la dispersion et de la disparition de ses membres. Suhrkamp,pp. mainc.info. Étant donné que les individus sont fréquemment amenés à penser à des évènements historiques, il propose de considérer les processus psychologiques individuels impliqués dans cette situation à travers la métaphore de « l’historien naïf » (lay historian) : il s’agit d’établir un parallèle entre les étapes de production de la connaissance historique par un historien expert et la manière dont un individu profane pense à un événement historique.

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